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日志


8月3日

Je traverse

Se souvenir des belles choses 

Garder les grandes causes pour plus tard,

Noter que les petits riens

Apprivoiser l’humeur

Rester vagabonde

Montrer les crocs

Enrager sa colère

Apaiser ses doigts nerveux

Faire des vagues dans ses cheveux

Sucer des pastilles de menthe

Dire en souriant

Soupirer en dormant

Fromage ou dessert ?

Contourner les portes ouvertes

Ouvrir les fenêtres en grand

Aérer sa peau

Offrir son ventre au soleil

Ménager sa monture

Distraire ses pieds

Chatouiller ses oreilles

Faire l’avion

Faire la planche

Faire l’idiote

Faire semblant

Faire et être

Etre ou avoir ?

 

Tu me casses les pieds, vas te coucher maintenant !

Et fais dormir mes yeux …

 

  

8月1日

je colère

Elle m’a servie de tuteur, j’ai grandi avec.

J’ai pu me tenir droite grâce à elle, je luis dois tout et d’être vivante.

La colère a été partout, toujours, dans chaque recoin, dans chaque respiration, dans chaque regard.

Tapie.

La colère m’a dévorée l’âme,  a poussé du coude pour s’installer sur la banquette.

Elle m’a écrasé les pieds, filé des coups de poings dans les côtes, elle a éloigné les êtres humains de mon  visage bouffi  de colère.

La colère, je ne suis pas née avec. Non.
Elle s’est insinuée.

Dès que je souffrais elle était là.

Pour le mal que l’on me faisait, elle était là.

Elle gonflait comme la rivière après la pluie

Elle était le ver dans le fruit, le couteau dans la plaie

Nourrie du malheur, engrossée du non-dit, engraissée du doigt posé sur ma bouche.

Elle s’est étalée à l’intérieur de mon ventre, arrachant les fleurs plantées là, semant le chiendent, le mors aux dents.

Ses racines ont envahie mes veines, mes sourires, mes paroles.

Elle a soulevé doucement mes babines, elle a décollé mes ongles un par un, elle a cisaillé mes haies de bonheur possible

Elle m’a déformée dans tous les miroirs

Ma colère est sans haine.

Juste brutale, fidèle.

Elle m’a frappée, éclatée la tronche, envoyée au tapis

Elle est ma honte, ma croix, mon insoutenable secret

Elle est mon horreur sans cesse révélé, rappelée à moi

Elle m’a jetée loin des autres dans un cachot sombre dont j’ai les clés

Va t’en, loin ! Je voudrais tant  être debout sans toi, marcher sans toi, vivre sans toi,

Vivre.

  

7月18日

je aime

Quand j’embrasse ta peau, j’embrasse aussi l’intérieur.

J’embrasse tout de toi dans un élan  carnivore.

Il ne faut pas séparer le bon grain de l’ivraie mais conjuguer le dedans avec le dehors

Alors en somme de tout, j’additionne les trésors  et je relate mes aventures passées

En toute imprudence, j’ai cru bon de reléguer les équipées et expéditions de plaisir en deçà des ceintures

Je me trompais de cible

J’ai cru bon de multiplier les évènements conjoncturels entre sexes opposés afin de disposer le mieux du monde des géographies obsessionnelles de mon territoire intime

Fi de bons sentiments, j’ai,  délestée de quelques catalogues de robes de mariées, mes idéaux masculins

J’ai couru, sauté plus que de raison et puisé dans une liberté toute équivoque des expériences saugrenues et parfois délicieuses.

Je m’arrêtais à la surface et faisais la Dorie la daurade qui ne se souvenait plus. Immédiatement.

Dès lors que je suppose que sous les grains de sable qui se constituent et s’amalgament en rocher, il y a toi, je cours, je tressaute, je fais risette en trempant mes mollets dans l’eau douce.

Me rafraîchir à ta source calme et intense, me laisser emporter au fil de ton embarcation, lever les yeux mouillés au ciel de n’être qu’enfin moi-même et jusqu’en haut de cette voilure qui vibre au vent avec toi.

Embrasser ta peau, c’est embrasser la terre entière, sauf que je ne veux plus que toi.